Trump choisit la revanche plutôt que le compromis sur la nomination de Blanche
Dans un affrontement qui oppose le président Donald Trump à deux sénateurs républicains sortants, le locataire de la Maison-Blanche a clairement indiqué qu'il préférait retirer la nomination de son avocat personnel, Todd Blanche, au poste de procureur général plutôt que de céder à leurs demandes. Cette décision, annoncée jeudi, illustre une fois de plus la priorité donnée par Trump à la loyauté et à la revanche sur la gouvernance pragmatique.
Un conflit autour d'un accord fiscal controversé
Au cœur du litige se trouve un accord de règlement de 1,8 milliard de dollars conclu en mai entre Trump et l'IRS (le fisc américain). Les sénateurs John Cornyn (Texas) et Thom Tillis (Caroline du Nord), tous deux en fin de mandat après avoir heurté le président, exigent des modifications pour empêcher la renaissance d'un fonds dit « anti-armement » et limiter les termes d'une immunité fiscale accordée à Trump, sa famille et ses entreprises.
Trump, dans un message sur Truth Social, a annoncé que Blanche resterait procureur général par intérim « en tout état de cause » et qu'il pourrait retirer et soumettre à nouveau sa nomination « après que Cornyn et Tillis auront quitté leurs fonctions » en janvier. Il a également ironisé sur Cornyn vendredi.
Les sénateurs républicains résistent
Tillis, qui a annoncé ne pas se représenter après s'être opposé à Trump sur les coupes dans Medicaid, a qualifié l'attitude du président de « récalcitrante ». Cornyn, qui a perdu sa primaire en mai après que Trump a soutenu un candidat aux antécédents douteux, a rejeté l'accusation de vengeance : « C'est une excuse commode, mais ce n'est certainement pas vrai. » Il a prévenu Trump que tenter de les attendre était un « pari risqué ».
« Après les élections de mi-mandat, qui sait qui sera le prochain sénateur du Texas ou de la Caroline du Nord ? » a-t-il ajouté, suggérant que la majorité républicaine pourrait s'amenuiser.
Un test pour la gouvernance de Trump
Ce bras de fer met en lumière les difficultés de Trump à gouverner avec sa propre majorité. Le sénateur démocrate Adam Schiff (Californie) a estimé que cette pression n'était qu'un avant-goût : « J'espère que cela signifie un retour des freins et contrepoids. Le Congrès a largement renoncé à ce rôle. »
Certains républicains, comme John Kennedy (Louisiane) et Lisa Murkowski (Alaska), partagent les réserves de Cornyn et Tillis. Murkowski a demandé à Blanche de mettre par écrit ses engagements oraux.
Une possible issue ?
Malgré l'ultimatum de Trump, une rencontre entre Cornyn, Tillis et Blanche jeudi après-midi a été décrite comme « collaborative ». Les sénateurs estiment que la Maison-Blanche, et non Blanche, est l'obstacle. « Ils rendent les choses bien plus difficiles qu'elles ne devraient l'être », a déclaré Cornyn.
Pour l'instant, Trump reste inflexible, préférant la confrontation à la concession. Ce choix, typique de son style, pourrait compliquer davantage sa capacité à gouverner efficacement.